27 juin 2007
Batibouw
300 km de pistes donc ce matin, et une superbe occasion d'entrer de plein pied dans la zone couverte par les futurs projets .... Inchallah. Bon, je vais arrêter un peu de vous décrire le Burundi comme un lieu de villégiature et enfin vous amener au coeur des problèmes locaux. Le principal souci aujourd'hui au Burundi est d'une part une explosion démographique comme partout en Afrique, on remerciera au passage le Vatican pour ses non campagnes de planification familiale....et d'autre part, la non extensibilité du pays, qui je vous le rappele est parsemé de collines. Bref, un manque de terres pour une population grandissante, le retour des réfugiés sur leurs terres occupées depuis plus de dix ans par d'autres familles ne faisant qu'exacerber la tension, réconciliation nationale, ils appelent ça ..... Mwouais.
De nombreuses ONG sont sur le terrain pour doter les populations les plus vulnérables de logement. Pas évident, d'une part car il faut trouver leterrain pour les construire et d'autre part, il faut éviter que les matériaux ne soit vendus avant utilisation. La méthode est donc de développer des chantiers dits "solidaires" afin de contrôler au mieux ce programme. En gros, on sélectionne 25 bénéficiaires dont 5 "inaptes", entendez personnes agées, handicapés, etc ... ces 20 personnes vont chacune construire leur propre maison et ensemble construire celles des 5 personnes "inaptes" si elles veulent obtenir le toit. Le toit ? Bein oui, dans le passé, naivement les ONG amenaient les matériaux aux partenaires locaux en les laissant libre cours pour la construction, résultat, les tôles, portes et fenêtres finissaient sur un marché et ne voyait jamais les murs. Aujourd'hui, la démarche est toute autre, ce cher Jean Marie m'a décrit assez clairement la démarche. D'une part, chacun sur le bout de terre qui lui est assigné à la tâche de construire les latrines, condition première. Une fois que cela est réalisé, les bénéficiaires montent les murs de leurs 25 m² avec une combinaison d'argile, d'eau, de sable et pour les plus chanceux un chouia de ciment, une fois seulement les murs montés et vérification que les maisons de la chaîne solidaire ont été construites, les bénéficiares recoivent alors les portes, fenêtres et tôles qui serviront à terminer l'habitation. Notons que ceux ci deviennent alors "privilégiés", la tôle étant le summum en terme de protection, et paradoxalement signe extérieur de richesse.
Les briqueteries s'éparpillent dans les marais ou une terre argileuse et humidifiée facilite le processus de fabrication. Celles ci sont assez impressionnantes à voir, au soleil des montagnes de brique séchent alors que les fours fument à foison.
Bon, il me faut aussi préciser que le Burundi en terme d'urbanisation comme on pourrait l'entendre avec nos référents se limitent à Bujumbura et quelques grosses cités. Le reste du pays, rural et accidenté, est le champ de floraison de multiples cabanes, huttes, etc ...seuls les bâtiments d'Etat et quelques réalisations privées ont ce caractère urbain qui caractérisent notre habitat. Hormis cela, le risque aujourd'hui de voir ces structures se ramasser est grand, cela étant lié à une déforestation sauvage et une érosion des sols qui n'est quasi pas enrayée et quiaurait même tendace à être accentuée par des techniques de culture assez inadaptées. Les collines glissent lentement vers les vallées, laissant apparaître ça et là la roche mère et les marais peu usités en termes de culture se voit gratifiés de l'ensemble des terres riches. Autant vous dire qu'à la saison des pluies, ça va glisser ......

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