09 juin 2007

Enfin connecté

Sierra Base …..

…Ici November Kilo 1, Bien arrivé à Ngozi, je répète Bien arrivé à Ngozi ! Terminé ! Et voilà, j’ai l’impression de me retrouver dans la 7ème compagnie de transmission en entrant dans la « ville de Ngozi ». Là bas, tout est beau, tout est sauvage chantait le poète ….si il savait ! Mais revenons quelques heures auparavant ! Je clôture mes nuitées d’hôtel au Botanika, je fais mes adieux à Godence, j’embarque mes malles et mes valises dans le Land Cruiser et me rends à la cellule de sécurité pour attendre l’escorte militaire qui nous convoiera jusqu’à Ngozi ! Cafouillage administratif, debout depuis 6h, attente de 3h et enfin départ à midi sous le cagnard ! Efficace ! Mais bon, le convoi se met en branle et nous voici parti pour entrer à l’intérieur des terres. Alors, concrètement, Bujumbura est dans une plaine au niveau du lac mais quelques kilomètres à l’intérieur des terres et nous attaquons les collines de face ! Sans surprise mais émerveillé, je découvre la faune burundaise au travers ces collines serpentantes ! Bananeraie, avocatier, thé, café, rizières, canne à sucre, cours d’eau ! Sans conteste, Bujumbura est la seule tache urbaine dans ce pays, le reste est voué au culte de la nature ! Vert, vert, vert ! Couleur prédominante tout le long du chemin ! A l’entrée de chaque centre peuplé le long de la route de nombreuses échoppes de fortune offre au regard, l’abondance fruitière de ces collines et vallées ! Fraises de Bugarama, Mangue de Kirundo ! Le climat est tel que tout pousse quasi en permanence ! Les troupeaux de caprins attendent leurs Manon sur les flancs escarpés ! Bref, cette route est splendide ! Et je me demande ce qui m’attend à Ngozi ….

Il ne me faudra pas longtemps pour avoir ma réponse, quitter Bujumbura pour aller à Ngozi, c’est un peu comme quitter Ixelles pour aller à Bois de Lessines, sauf que dans ce cas ce n’est pas un choix, c’est une affectation ! Certes, le paysage est splendide ! À ce sujet, aucun doute, les ballades risquent d’être splendides …. Nous entrons par la route de Bugarama dans Ngozi. Deuxième ville du pays, ville présidentielle, Ngozi est concentrée sur deux routes et un centre ville ou s’étalent des cahutes en bois nommées magasins, des mini quartiers résidentiels aux abords de ce centre laisse apparaître des dizaines de murs garnis de fils de fers barbelés et de tessons de bouteilles …sécurité oblige ! Nous nous rendons à mon bureau qui sera situé au sein du Camp Out de la BINUB (Opération de Paix des Nations Unies au Burundi), un vrai camp retranché, militaires policiers et services de sécurité. Là, j’ai droit à mon briefing de sécurité, le cœur se serre, j’ai l’impression de tirer une peine de prison.Hors de question de se balader seul, dans ou hors de la ville, inutile de choisir une maison avec vue agréable, nécessité d’un mur d’enceinte, de trois gardes de sécurité, d’une pièce inviolable, on me donne ma radio qui sera checkée trois fois par jour ... Indicatif November Kilo 1 ! Qu’à cela ne tienne, l’équipe est super sympa et tant mieux, je risque de passer un bout de temps avec eux. Et puis, sans rire, on exagère le sentiment d insécurité afin de limiter les écarts, pas de quoi stresser, les opportunités d’évasion existent ! Bon, on nous a mit les petits plats dans les grands, salle de gym, piscine, sauna …. Et puis des restaurants …en gros, après le boulot, il reste le sport, la bouffe, les bistrots et puis le « Havana » les w-e ! Bon, dans la pratique, un vendredi sur deux c’est départ du convoi à 8h du matin pour rejoindre Bujumbura pour un long w-e de 4 jours, et puis tous les deux mois, c’est la semaine de décompression à Nairobi. Bref, je ne me plains pas, j’ai eu un coup de blues de quelques heures et maintenant c’est bon, je suis dans le bain !

Premier objectif, trouver la maison, là, pas de soucis, la ville comporte près de 6000 habitants et nous devons être une vingtaine de muzungu (blancs, étrangers, visage pâle, farine man, etc. …), la rumeur se répand vite et à peine arrivé, je visite deux à trois maisons sympas, mon choix s’arrête à une petite maison pas loin du bureau dans le quartier expatrié ( de toute manière, il n’y en a pas ailleurs et la sécurité recommande le regroupement au cas où … ). Bref, d’ici une semaine je disposerai des clefs ad hoc et pourrai installer mes malles ! Le pied, et franchement au vu des activités, c’est que je vais avoir le temps de me consacrer au potager et là, c’est le panard, tout pousse et toute l’année (oups, je me redis ! ), c’est pas compliqué : les avocats ont la taille de pastèque, les papayes ne poussent que par 10, les bananes dégorgent sur la vallée, les courgettes et aubergines sont gargantuesques, les fraises sont savoureuses, les caféiers et le thé narguent vos sens olfactifs, le paradoxe de ce pays est cette richesse terrienne, cette abondance de fruits et légumes sur les marchés, ces troupeaux dans les vallées et cette famine installée …. En effet, ici aussi les mécanismes de consommation ont joué et l’on préfère tenter de vendre ses ananas au rabais pour acheter une bouteille de coca ou une antenne satellite pour la case, que de tenter de se boire le jus d’ananas ou de consommer ses produits !

Dim et Nanou, j’ai une petite pensée pour vous, c’est le paradis pour se sustenter sainement, hier, c’était virée chez les bonnes sœurs pour faire quelques réserves ! Ici, ce sont elles qui garantissent la qualité fraîcheur, elles font du fromage, des pâtes, des confitures, leurs légumes sont exceptionnels ! Je discutais avec l’une d’entre elles qui revisitait la Genèse à sa façon …Pour elle, le septième jour, Dieu ne s’est pas reposé, en fait il a juste pété une case et s’est déchaîné sur le Burundi pour lui offrir des plantes aux formes uniques, des fleurs aux couleurs éternelles, une terre où tout pousse et sans rire, je serais bien tenté de la croire ! Bref, point de vue retour à la nature, c’est le pied total ! Ceci dit, j’ai bien fait d’amener une malle de bouquins et un stock de films ! Je ne manquerai pas de vous inonder d’images les plus chatoyantes les unes que les autres. Malgré tout la bonne nouvelle reste que des colis peuvent m’être envoyés via la valise diplomatique belge et je ne manquerai pas de recourir à ses services pour me faire envoyer le Marcassou et les tablettes côte d’or, ainsi que les thés qui me ravissent le palais. Depuis 10 jours, c’est poisson, riz et haricots ou parfois brochette de chèvre, délicieux mais redondant.
Hormis cela, j’ai effectué ma première visite de terrain, la base du projet visité vise a assurer la sécurité alimentaire en fournissant à une communauté collinaire* les semences, plants et matériel nécessaire pour assurer les récoltes à venir ! Le fait motivant est de voir l’implication de l’ensemble de la communauté dans ces processus. Les visites se terminent souvent en chants et danses et la dynamique du projet est réjouissante. Je me suis éclaté à prendre les photos de cette visite, vous verrez cela de vous-même et je ne manquerai pas de m’attarder dans les semaines à venir sur les infos pertinentes à ce sujet mais today, c’est option, je rassure après mon silence !

Cette chouette visite m’a permis de terminer la semaine sereinement, les quelques coups de fil du pays m’ont aussi bien boosté, bref, mon collègue de Karuzi m’a rejoint et avec quelques amis nous voici parti pour une nuit de folie au Havana, qui en gros est la boite de nuit, la salle de mariage, le billard et la maison des jeunes de la région, ambiance assuré même si la musique m’a vite tanné ( la star locale étant Shakira et les grands classiques de Cabrel revisité en Zouk – soit dit en passant je pense à monter une ONG que j’appellerais DJ’S SANS FRONTIERES – pas la peine de vous expliquer l’objet social, mais il faut agir et vite ! ).

Et me voici, ce dimanche, serein, en train de vous écrire ces quelques mots, espérant pouvoir avoir une connexion assez rapidement ! Dès demain, je monte dans la région des Lacs de Kirundo pour trois jours d’activités sur les problématiques foncières, je vous en reparlerai plus tard … mais j’ai pris le rythme ou du moins suis en passe de le prendre. Je vais vous laisser car cet après midi, il y a un mariage et les tambourinaires sont de sortie, c’est en gros tout ce qui reste de « folklorique » au Burundi, en ce jour de Doudou, faut bien que je m’imprègne un peu de culture de terroir !
Bonne Ducasse !

* la colline est une entité administrative correspondant au relief montagneux du pays, le Burundi compte près de 2300 collines.

Commentaires

NYANDWI Mukiwa Issa Bujumbura, le16/09/2007
BUYENZI 20ème Av n* 19
E-mail : nyamk78@yahoo.fr
Tél. : 22217139
BP : 3711 Bujumbura 2
BUJUMBURA BURUNDI



Monsieur le Représentant du Bureau
Intégral de Nations Unies au Burundi



Objet : Demande d’Aide



ASSALAM ALAYKUM WARAHMATULLAH WA BARAKATUH

Monsieur,

J’ai l’insigne honneur de me prosterner auprès de votre haute personnalité en vue de vous solliciter une embauche dont vous tenez la responsabilité.

En effet, je suis ancien employé de l’Organisation des Nations-Unies au Burundi (ONUB) et je suis marié et Père de deux Enfants.
Là je travaillais comme un Piscinier dont mon Patron était l’Ancienne Représentante de cette Organisation mais je ne le suis pas il y a six mois et pourtant dès votre début, le Service du personnel m’avait d’attendu trois mois mais jusqu’à présent je n’ai pas encore eu le résultat ça fait trois mois.
Par votre foie et pitié, Monsieur le Représentant, de votre Religion Islamique qui est aussi la mienne, je m’incline auprès de votre haute responsabilité, vous demander cette Aide car je suis Indigent Orphelin et je me faisais vivre pour ce Travail qu’on avait suspendu. Alors je ne sais pas comment ferai-je à ce Saint mois de Ramadhan.
Je n’ai pas même à manger et pourtant nous sommes en ce Saint période de Jeun.

En espérant une suite favorable à ma Demande, veuillez agréer , Monsieur le Représentant, l’Expression de mes Sentiment les plus respectueux.


NYANDWI Mukiwa Issa

Ecrit par : Nyandwi Mukiwa | 16 septembre 2007

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